Filmer une vidéo de skate avec un iPhone 6s à Kuala Lumpurg avec le crew Thieves

Vans Era

Alors que la majorité des edits font appel à la P2, j’ai été extrêmement surpris d’apprendre que la dernière vidéo des gars de Thieves avait été filmée avec un iPhone 6s. Un équipement qui aurait sans doute provoqué un AVC à Ty Evans. Malgré des caractéristiques qui peuvent aujourd’hui sembler obsolètes, le téléphone d’Apple avait, au moment de sa sortie, révolutionné la manière de filmer le skate grâce à des fonctionnalités dignes d’une bonne caméra, grâce notamment à la possibilité de ralentir l’image en 1080p à 120 images par seconde. Le crew de Kuala Lumpur a poussé ce setup à son maximum pour en sortir un solide montage. Curieux comme on est, on s’est entretenu au téléphone avec les gars pour en apprendre d’avantage.

Pouvez-vous vous présenter, s’il vous plaît ?

-Salut, je m’appelle Azhad Izzat Mazkamal. On m’appelle Didat.
-Mon nom est Aqil. J’ai 14 ans.

C’est toi qui as pris la grosse boite sur le rail au début de la vidéo ?

-Aqil : Oui, c’était bien moi. Mais je vais bien maintenant.

-Nizar Hashim, le porte-parole: En fait, c’est sa première expérience avec le crew, parce qu’il vient de nous rejoindre. Il faut voir sa part comme une welcome video de Aqil dans la team.

-Salut, je m’appelle Ian Bin Nuriman Amri. Mais tu peux m’appeler Ian. J’aurai 18 ans cette année. Actuellement, je suis sponsorisé par Vans Malaysia et Thieves Skateboard. Je fais du skate depuis 13 ans.

-Je m’appelle Nizar Hashim. On m’appelle Ja. C’est moi qui gère la marque Thieves Skateboards. Je fais du skate depuis mes 12 ans et maintenant j’en ai 36. Mes sponsors actuels sont Converse Malaysia, Staycool Socks, Peak KL et Oakley Malaysia.

Pouvez-vous me dire à quoi ressemble le skate à Kuala Lumpur ?

Ian : C’est plutôt ok mais ce n’est pas facile parce qu’il y a beaucoup d’agents de sécurité ici à KL (Kuala Lumpur). Ils nous chassent constamment des spots. Et en plus le sol est très rugueux et parfois piégeux. C’est assez difficile pour nous de skater ici.

Nizar : Pour ma part, je trouve que la scène a pas mal grandi depuis les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Cependant quand on vit en Asie du Sud-Est, particulièrement en Malaisie, c’est dur d’obtenir l’approbation de la communauté locale, surtout des non-skateurs car le skate est connoté négativement et est associé au vandalisme.
En plus, ce n’est pas une activité aussi populaire que le football ou d’autres sports. Cela ne rapporte pas assez d’argent du point de vue du gouvernement. L’accent est davantage mis sur les compétitions. Donc, avec ma marque Thieves Skateboards, on prend la responsabilité d’encourager la pratique en street au travers de nos vidéos parce qu’on considère que c’est le cœur du skateboard.

Comment les gens ont réagi à ta cinquième vidéo “ATHVSTUDE”, Nizar ?

Nizar : On a reçu beaucoup d’amour de la part de notre scène locale. Je sens qu’on commence à avoir un impact positif. De plus en plus de skateurs investissent les rues. Il y a aussi plus de marques de skate locales qui produisent leurs propres vidéos.

Quelle est la différence entre le skate en Asie du Sud-Est et l’Europe ?

La différence entre le skateboard en Asie du Sud-Est et les autres continents, c’est le climat. Il fait incroyablement chaud. Dans la vidéo, on a un ami de Barcelone. Lui a l’habitude de skater les célèbres spots de Barcelone. Quand il est venu ici, je l’ai contacté via un MP sur Instagram pour l’inviter à nous rejoindre. Il est arrivé à Kuala Lumpur et a dit : « Oh mec, impossible de skater, il fait vraiment trop chaud ici. »

Quel est ton conseil pour skater dans cette chaleur ?

Nizar : Il faut prévoir beaucoup d’eau minérale. –Nizar me montre une bouteille d’eau « Ice Mountain »- Comme tu peux le voir, c’est un élément essentiel en Malaisie. C’est facile de se déshydrater et de se prendre un coup de chaud.

Peut-être que vous devriez demander à « Ice Mountain » de vous sponsoriser -Rires-

Nizar : Comme je l’ai mentionné tout à l’heure, c’est difficile pour nous, car notre industrie locale, surtout en dehors du skate, a encore du mal à percevoir le skateboard comme un sport positif. C’est le défi auquel on fait face actuellement.

En dehors de Thieves, y a t-il d’autres marques locales ?

Nizar : Il y a beaucoup de marques locales de skateboard ici, mais on est la seule marque locale à être active sur le terrain qui skate et filme régulièrement. On a notamment fait une tournée à travers la Malaisie pour soutenir les skateurs en dehors du centre de KL, contrairement à d’autres qui ne font que vendre du matériel de skate sans rien faire pour la communauté.

Comment t’es venue l’idée de créer Thieves ?

Nizar : J’évolue dans l’industrie locale depuis 24 ans. J’ai acquis pas mal de connaissances et de connexions. Beaucoup de skateurs ici, surtout les OG, se concentrent davantage sur le développement des athlètes pour les Jeux Olympiques ou les Jeux Asiatiques. Mais personne en Malaisie ne voulait prendre la responsabilité de mettre en lumière le skate core. Alors, j’ai relevé le défi et l’ai appliqué à mon crew actuel.
Pourquoi ne pas faire une vidéo, essayer de coopérer avec tous les skateurs d’ici et produire une vidéo complète. Je dis toujours aux gars que c’est comme ça dans le skateboard. Si vous voulez faire carrière et obtenir plus de visibilité, je pense que c’est la meilleure façon de faire. On a ainsi tourné cinq vidéos : THVS Part One, THVS Part Two, COMME des THIEVES, BAD THVS* et la dernière, ATHVSTUDE.

Pourquoi avoir choisi le nom Thieves ? Est ce que vous vous considérez comme une guilde de voleurs à la Skyrim ?

Nizar : En 2012, c’était une période où l’industrie locale du skate était en plein essor. Beaucoup de skateurs locaux lançaient leurs propres marques. À ce moment-là, on avait facilement accès direct à la Chine pour fabriquer des planches personnalisées. En plus, les frais de livraison n’étaient pas très chers. À cette époque, en 2012, je skatais pour la marque locale bien connue appelée Sibling Skateboard, et en même temps je travaillais chez Krookz Skate Shop, qui est le skate shop qui a introduit de nombreuses marques des États-Unis en Malaisie.

Au début, je n’aimais pas la marque pour laquelle je roulais, alors je l’ai dit à mon patron, celui qui possède Krookz Skate Shop, que je voulais arrêter et que je souhaitais essayer de créer une marque de skate . En tant que skateur, t’as envie de représenter une marque cool qui correspond à ton image. Quand j’ai dit aux gars du team Krookz, que je voulais lancer une marque de skateboard avec eux, tout le monde a commencé à rassembler ses idées, puis mon patron a dit : « Pourquoi ne pas l’appeler Thieves Skateboards ? » Je lui ai demandé pourquoi, et il m’a répondu c’est parce que tu roules actuellement pour Sibling Skateboard et qu’on va te voler pour te mettre dans la nouvelle marque. C’est pour cela qu’on a choisi “THIEVES SKATEBOARDS”.

La vidéo a été tournée avec un iPhone 6S. Honnêtement, je ne l’aurais pas remarqué si cela n’avait pas été mentionné dans la description de la vidéo. Pourquoi avoir choisi un iPhone 6S ?

Nizar : C’est difficile pour moi de te l’expliquer parce que le caméraman n’est pas là, mais je vais tout de même essayer avec ce que je sais. On a filmé nos deux premiers projets, THVS Part One et THVS Part Two, avec l’un de nos filmeurs locaux, Azwyn Amir. Il utilise une caméra de haute qualité, une Sony A7R III. Durant cette période, j’ai croisé Mohamad Ghof. Il vient toujours aux événements de skate. Il filme tous les events et compétitions de skate avec son iPhone. Si t’es un observateur extérieur et que tu vois son travail sur Instagram, il est évident que tu ne sauras pas que ça vient d’un iPhone. Tu penseras qu’il utilise une caméra.

Je sais que beaucoup de vidéos de skate locales dans l’industrie sont filmées à la P2, mais je voulais faire les choses différemment afin qu’on ait notre propre signature.

Comment fait-il pour zoomer/dézoomer ? Est-ce qu’il utilise un accessoire spécial ou seulement ses doigts ?

Il utilise que ses doigts ; il est très habile avec. Il utilise aussi une perche rouge ou un manche Hot Shot. Il s’en sert comme un support pour téléphone/gimbal avec quelques modifications mineures pour le placement du support de griffe flash et les contrepoids du gimbal.
Il utilise également une Deathlens pour le fisheye, un Blitzwolf Telephoto Lens pour le long lens, un Ulanzi hot shoe mount et un Rode micro TRS vers câble TRRS pour capter le son.
J’ai essayé d’utiliser son équipement pour filmer quelques skateurs en street et je n’obtiens pas du tout les mêmes résultats.

Peux tu détailler le processus de filming avec l’iPhone ?

Mohamad Ghof a deux iPhone 6S. Un iPhone 6S est assez bon marché en Malaisie. Cela coûte environ 500 ringgits (104 euros). On en utilise un pour filmer et un autre comme backup. Dernièrement, il utilise un iPhone 6S Plus pour filmer parce que l’écran est plus grand qu’un 6S. En fait, mon projet pour lui est de stocker autant d’iPhone 6S que possible. D’habitude, après le filming, il transfère tous les clips sur un disque dur. De là, il filtre pour savoir quel clip il utilisera pour la vidéo principale. Il apporte toujours 2 ou 3 power banks au cas où le processus de filming durerait de longues heures. La seule difficulté est la chaleur tropicale, surtout en Malaisie. Le téléphone ne tient pas et filmer sous un soleil de plomb est un vrai défi.

Un ami m’a dit que l’iPhone 6S a révolutionné le filming sur téléphone. Car pour la première fois, on pouvait faire de super ralentis, en plus d’avoir un grain d’image unique.

Oui, c’est la raison pour laquelle Mohamad Ghof a choisi l’iPhone 6S comme équipement principal pour filmer. En fait, j’ai eu une conversation avec lui. Je lui ai demandé pourquoi il ne voulait pas upgrader son iPhone vers un iPhone 7 ou un iPhone 8. Mais il veut rester sur le 6S. Il dit que c’est encore très fiable pour filmer si on sait comment l’utiliser.

Et à quand une vidéo filmée avec un iPad ?

Ce n’est pas dans les plans. Mais pourquoi pas avec un ordinateur portable. Mark Gonzales a déjà utilisé son ordinateur portable pour filmer en street. Ce serait drôle, mais pour l’instant on préfère rester sur l’iPhone 6S.

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