DOOBIE : À TRAVERS LES YEUX DE SES AMIS

Vans Era


Avec sa touffe de cheveux, sa moustache et sa casquette visière Doobie arbore un look reconnaissable entre mille mais il incarne surtout un véritable personnage qui a grandement contribué au renouveau de Vans Europe ces dernières années. Il incarne un état d’esprit brut, un gros majeur au skate propret.

Lors de l’événement de Lyon célébrant la sortie de sa chaussure signature, la Old Skool Victor Pellegrin, ses proches ont partagé leurs premières impressions et ce qui les a marqués chez lui. Voir un personnage à travers les yeux de ses amis offre une perspective intime et nuancée, révélant des facettes plus profondes et authentiques de sa personnalité. Alors, au-delà de son image publique de Doobie, qui est Victor Pellegrin ?

Sam Partaix: La première fois que je l’ai rencontré, c’était à Lyon lors d’un tour Antiz. À l’époque, il skatait pour la marque brésilienne Blaze. C’est Loïc Benoit qui l’a mis chez Vans. À partir de là, on a fait deux tours ensemble, dont un aux États-Unis, qu’on a traversé en voiture. J’ai été stupéfait par son niveau en skate et sa vision.

Ce gars sautait sur tous les spots. Un jour, j’ai eu le malheur de lui dire : « Putain, c’est un ABD ce que tu as fait, mais ce n’est pas grave. » Il s’est mis à pleurer. Je l’ai rassuré en lui disant que ça n’avait pas d’importance, qu’on s’en foutait du ABD. J’ai trouvé cette réaction trop mignonne, parce que derrière sa carapace de gars vénère, c’est en réalité un cœur d’artichaut. Et quand tu apprends à le connaître, tu comprends vite cet aspect de sa personnalité. C’est ce qui le rend génial.

Doobie est quelqu’un de très authentique. Il dit toujours ce qu’il pense. Ce qui est génial chez lui, c’est qu’il est une personne très simple et profondément humaine. Il est toujours prêt à rendre service, à te dépanner, à t’apporter de l’eau quand tu skates. Il pense toujours aux autres. C’est ce qui fait qu’il est Doobie, et que tout le monde l’adore.

Jon Wolf : J’ai rencontré Victor lors d’un trip Vans à Milan pour un projet vidéo, et on est instantanément devenus de bons amis. Je partage habituellement une chambre avec Doobie, ce qui m’a permis de l’observer sous différents angles.

Doobie est toujours présent pour soutenir le crew lors des sessions. Ce sont des moments qui ne sont pas forcément filmés, mais il est constamment là pour motiver tout le monde afin qu’ils réalisent leurs meilleurs tricks.

Quand tu prends le temps de le découvrir, tu te rends compte que Doobie a une personnalité unique que peu ont la chance de voir. Dans les vidéos de skate, il apparaît toujours survolté, mais il n’est pas toujours comme ça. C’est un super ami avec qui tu peux parler de tout.

Mon meilleur souvenir de Doobie, c’est simplement de rouler dans le van avec lui, de le voir en pleine énergie avant qu’on arrive sur un spot. Quand il tente un trick, il peut être extrêmement concentré, mais il sait aussi déconner. C’est vraiment un mec qui plaisante avec toi et qui est capable de rire de lui-même. Je pense que c’est une belle qualité chez les gens : être sérieux sans se prendre au sérieux.

Je suis très heureux pour lui et pour tout ce qui lui arrive aujourd’hui. Il a toujours été lui-même, et maintenant, il est pleinement reconnu pour ça. Il a sa propre chaussure, et tout le monde le célèbre.

Beaucoup de gens changeraient juste pour correspondre à ce qu’ils pensent devoir être. Lui, il n’a jamais été autre chose que lui-même.

Marie : La première fois que je l’ai rencontré, cela faisait trois mois que je travaillais chez Vans, et on organisait les Vans Park Series à Paris. C’était aussi l’anniversaire de Steve Van Doren, qui nous faisait l’honneur de sa présence.

Trois jours avant l’événement, je me retrouve à devoir organiser un repas pour 180 personnes. Pendant le dîner, je remarque une serveuse mécontente parce que c’est le bordel. Je me dirige vers la table en question et me retrouve face à face avec Doobie. Je lui ai gentiment demandé de fermer sa gueule, sinon je le dégageais, car c’était l’anniversaire de Paul. Il s’est aussitôt apaisé et a été adorable par la suite.

Il suffit de passer un moment avec lui pour que cela te marque. Récemment, des Polonais l’ont rencontré lors d’un événement. Ils tiennent un petit shop et ont commandé 100 paires de sa Doobie Old Skool alors qu’ils vendent habituellement 20 paires par mois. Ils lui ont ensuite envoyé en Finlande un paquet avec un petit mot et quelques accessoires de pêche.

Louis & Théo : On fait du snowboard depuis longtemps. On a rencontré Doobie à Chamrousse, près de Grenoble, au snowpark, il y a 4-5 ans, juste après le Covid. On l’a vu de loin et on s’est dit : « Non mais lui, il est cramé de ouf. »

Très vite, on a compris qu’il savait rider, qu’il avait les moves. Il a fallu lui montrer deux ou trois trucs. Je ne savais pas ce qu’il voulait, ce qu’il faisait, combien de temps il comptait rester, mais on a commencé à rider ensemble. Quand on ride avec lui, on adore parce qu’on se met en mode tête cramée, comme quand on avait 14-15 ans : « Oublie que t’as aucune chance, et fonce. » C’était un peu notre dicton avec Doobie, et franchement, ça passait plutôt bien.

Doobie, c’est un énervé. Il est toujours chaud, peu importe l’heure, peu importe la situation, il est prêt. C’est ça qui fait plaisir. Peu importe le contexte, peu importe l’état dans lequel il est, peu importe l’heure, c’est ton gars, il est là, toujours en place, toujours motivé. Et franchement, c’est un vrai cramé.

Nous, on aime bien ça. Il y a plein de gens qui font du snowboard depuis longtemps mais qui sont un peu perdus, qui ne font plus grand-chose. Doobie, lui, il arrive, il s’en fout, il claque des doigts et il plaque des tricks. Il se fait mal, comme nous on se fait mal, mais il y va. Sa marge de progression est dingue.

Mon meilleur souvenir. J’en ai plein en tête, mais celui-là est mémorable. Doobie nous a parlé de pêche tout l’hiver : « Venez chez moi à la fin de la saison, on va attraper des putains de poissons. Ça va être incroyable. » On va chez lui 15 jours à Livron, et on ne prend rien, à part un petit poisson de 10 cm. Il nous répétait : « T’inquiète, t’inquiète, il y a des silures de 2m20. » Mais en 15 jours ? Rien du tout.

Doobie, c’est une crème. C’est un frère, une bonne personne, et honnêtement, je n’en ai pas rencontré beaucoup comme lui dans ce milieu-là. Dans un univers où il y a toute cette fame, ce côté « star system », que ce soit en skate ou en snow, lui, c’est juste un humain, quelqu’un qui ne juge personne.

Martino Cattaneo & Willow Voges Fernandez :

Willow : On était en plein bomb hill à Tibidabo. Il y avait ce rond-point, et une voiture argentée s’est arrêtée net au milieu en nous voyant arriver, paniquée. Doobie a traversé le rond-point et a percuté le côté de la voiture, y laissant une belle bosse. On s’est tous dit : « Oh mon dieu, il doit s’être fait trop mal ! » Mais il s’est juste mis à rire, s’est relevé et a continué comme si de rien n’était. C’était assez drôle à voir.

Martino : Je me souviens de la première fois que je l’ai rencontré, c’était peut-être en 2018, lors d’un trip en Sicile avec Vans Europe. C’était vraiment agréable. J’ai tout de suite eu l’impression qu’il était comme un frère pour moi. Dès le départ, il était la personne la plus gentille. Je me suis senti super à l’aise avec lui et nous avons passé un moment incroyable lors de ce premier voyage.

Willow : C’était en Allemagne, à Cologne, juste après le Covid, quand ils ont rouvert la frontière. C’était mon premier trip avec tous ces gars. Je me souviens juste de lui comme d’un personnage très ouvert et expressif. Je me suis dit : « Ce mec est génial. » Il maintient une énergie incroyable. Il m’a motivé à skater certains spots. Je regardais ce qu’il skatait et j’essayais de skater des trucs similaires, parce que j’étais à fond et il apportait une vraie dynamique. C’est plutôt cool.

Martino : Il adore partager ses connaissances et t’aider à comprendre. Il apporte toujours une énergie incroyable.

Willow : C’est toujours le premier à t’encourager quand tu essaies quelque chose. Personnellement, j’aime bien ça.

Martino : Il est vraiment doué pour ça parce qu’il sait s’adapter à chaque personne. Certains ont besoin de calme et d’espace, d’autres ont besoin de motivation intense et de cris d’encouragement. Il peut faire les deux. Il ressent ce dont chacun a besoin et sait comment l’apporter. Il pourrait être un excellent team manager.

Martino : Il pourrait aussi être un excellent tour manager. Peut-être que ce serait beaucoup de travail pour lui sur certains aspects, mais d’une certaine manière, il serait vraiment, vraiment doué pour ça. Il maintient toujours une super ambiance dans l’équipe.

Willow : S’il y a quelque chose qui ne va pas dans l’équipe, il est le premier à le dire et à lâcher : « Eh, c’est quoi ce bordel ? Reprenez-vous ! »

Martino : Je dirais qu’il apporte la même énergie, que ce soit sur les spots, sur la route, ou même dans la vie en général. Il vit toujours l’instant présent et le rend spécial.

Il rassemble toujours les gens. Tout le temps. Il adore être entouré. Il veille sur tout le monde et partage constamment, sans arrêt. C’est vraiment une belle qualité.

Jeremie Daclin : J’ai rencontré Doobie pendant les tournées Cliché. On était passé par Valence parce qu’il y avait un shop qui s’appelait Hardflip. C’est là qu’on l’a croisé, tout jeune, encore un kid, avant même qu’il ait des cheveux.

C’était cool, il nous avait suivis sur des spots, c’était le local kid super motivé. Ce qui m’a marqué chez lui, c’est sa détermination. On était en van, et lui, il nous suivait d’un spot à l’autre.

C’est fou d’observer son parcours. Il vient d’un bled complètement paumé, et maintenant, il a une shoe à son nom chez l’une des plus grandes marques américaines. Souvent, c’est quelque chose que j’ai remarqué : les gars qui viennent de petites villes se bougent souvent plus que ceux qui sont dans les grandes villes, où tout est à disposition.

Regarde Matisse, qui a un parcours similaire. Lui, il sait l’effort qu’il faut pour prendre le bus, arriver au spot, fixer un rendez-vous avec le photographe, le filmeur, etc. Donc quand il arrive sur le spot, il sait ce qu’il doit faire.

C’est aussi cool qu’il ait plein d’autres centres d’intérêt. Ça le rend encore plus intéressant. Moi, je l’aime encore plus parce qu’on est tous les deux fans de pêche. J’ai une maison vers là où il habite, en Ardèche. À chaque fois, on se dit qu’il faut qu’on pêche ensemble, mais ça ne s’est jamais concrétisé.

Max Pack : Je l’ai rencontré à Lyon, à l’Hôtel de Ville. J’étais en voyage avec Vans Germany et je lui ai proposé de nous rejoindre. Ce jour-là, on a vu le plus grand silure qu’on ait jamais vu, presque 3 mètres de long ! C’était fou.
J’ai l’impression que certaines personnes le comprennent mal. Il dit ce qu’il pense à tous ceux qui le lui demandent, et certains ont du mal à l’accepter. Mais il a un immense cœur et il est toujours là quand on a besoin de lui.

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